Vivre avec un anxieux

Vivre avec un anxieux

L’anxiété : voici une maladie du siècle. Difficile pour une personne anxieuse d’avancer dans la vie. La personne doute, elle a peur, elle s’imagine des scénarios catastrophes et se retranche dans son univers machiavélique. C’est une spirale infernale. Comment réagir lorsqu’on vit avec une personne anxieuse ? Réponses à vos interrogations.

Dans les années 70, le philosophe roumain Emil Michel Cioran définissait l’anxieux dans son ouvrage « le mauvais Démiurge ». Il disait que l’anxieux était une personne qui construisait sa vie autour de ses paniques. Des frayeurs dans lesquelles il s’installe et s’y conforte. Pour image, il disait que l’anxieux était un « pantouflard du vertige ». Une expression choquante, mais qui définit parfaitement la vie d’un anxieux. Vivre avec un anxieux, c’est s’interroger en permanence sur la définition du mot « vivre » et se remettre constamment en question. Cela signifie-t-il pour autant que le partage d’une vie avec une personne anxieuse est une source de conflit ? Pas nécessairement, flirter avec le monde d’un anxieux peut avoir un côté bénéfique.

Comprendre les pensées d’une personne anxieuse

Dans « Nous les Dieux », Bernard Werber résume parfaitement les angoisses d’un anxieux au travers la citation suivante : « La motivation de l’angoisse, c’est la capacité de l’être humain à se projeter dans le futur ». Oui, c’est vrai l’homme a tendance à s’imaginer le pire dans le but de se protéger des éventuels dangers présents dans la société. Il vit dans l’utopie avec pour croyance qu’en anticipant le danger, le monde devient parfait. Or, le monde parfait n’existe pas tout comme le risque zéro est illusoire. Si les personnes réalistes ont conscience que le monde est composé d’embuches, l’anxieux ferme les yeux sur cette réalité. Pour lui, il vaut mieux « prévenir que guérir ».

Le dialogue : un moyen efficace d’éviter les conflits

L’anxieux redouble de vigilance… pouvant gâcher la vie des personnes qui l’entoure. Pour simple comparaison, il suffit de prendre l’exemple d’un hypocondriaque. Cette « maladie », parodiée par Dany Boon dans son film « hypocondriaque », la personne est anxieuse en ce qui concerne la santé. Une anxiété tellement excessive et surdimensionnée qu’elle s’invente et se crée des symptômes. Une situation difficile à vivre qui peut engendrer des problèmes conflictuels dans un foyer. En prenant le temps de communiquer avec une personne anxieuse, sans jugement, il est plus simple de comprendre son état émotionnel. Existe-t-il un bon moment pour entamer une discussion rationnelle ?

Prendre le temps de comprendre la vision de l’autre

Ne demandez pas à un anxieux d’oublier son « délire » et de redescendre sur Terre… c’est une mission impossible. L’anxieux restera toujours anxieux, mais il peut contrôler cet état émotionnel. Comment ? Aider une personne anxieuse est un long combat qui nécessite de la compréhension, de la patience et de la tolérance. N’imaginez aucunement qu’en employant des expressions comme « tu es un grand malade » ou « tu as un gros problème », l’anxieux va prendre conscience de son excessivité à contrôler la vie. Pour contrôler son angoisse, ses peurs et ses craintes, l’anxieux a besoin d’une épaule solide avec qui il pourra partager et échanger sa vision de la vie. Une confrontation des points de vue, sans jugement, est le point de départ pour la route de la guérison. Le dialogue sera encore plus lucratif si l’anxieux est serein au moment de la discussion. En état euphorique, l’angoisse prend le devant sur la raison. Au sein d’un couple, les conflits sont souvent dus à un manque de compréhension et de communication. N’oubliez jamais ce que disait Philippe Destouches dans sa pièce de théâtre « Le glorieux » ; « la critique est aisée, mais l’art est difficile ». En ce sens, comprenez que critiquer une personne anxieuse est simple, mais que cela ne l’aidera point à sortir de sa spirale infernale.

Alléger le planning et diminuer les tâches stressantes

Si le dialogue est un point essentiel dans le processus de contrôle de l’anxiété, il est bon de savoir qu’une personne ne réussira pas son combat si elle doit subir un stress permanent au sein de son foyer. L’aider dans ses tâches quotidiennes (éducation d’enfant, répartition des tâches ménagères, faire les courses, tenir la comptabilité des comptes…) aura un aspect bénéfique sur le moral et l’état émotionnel d’un anxieux. Relativisation, optimisme, compréhension sont les trois mots d’ordre pour calmer l’état de craintes extrêmes d’un anxieux.

L’anxiété : un sentiment bénéfique lorsqu’il est contrôlé

Être anxieux n’a pas que des aspects négatifs. Chercher sans cesse la perfection en anticipant les éventuelles embuches est un atout en soi. C’est, particulièrement, une qualité que recherchent les employeurs. Lorsque ce sentiment d’anxiété est utilisé à bon escient, il en devient une arme redoutable pour combattre l’adversité. En tant que réaliste, vous savez pertinemment que des embuches sont parsemées tout au long du chemin de la vie. En faisant un bon usage de son anxiété, une personne anxieuse peut vous aider à mieux envisager l’avenir.