La blonde va au cinéma

La blonde va au cinéma

Détrompez-vous, le spectacle n’est pas sur la toile mais parfois dans la salle !  Au cinéma aussi, nous recevons maintenant un numéro et il n’est plus possible de jouer à la chaise musicale.

Avant, j’allais au ciné avec des copines. Elles sont rangées, classées et donc je peux les oublier; elles ont autre chose à faire un dimanche après-midi.

J’ai bien essayé d’y aller avec des copains mais souvent, ils assimilaient cinéma à « saute moi dessus ».

Désolé mon gars, je paye pour voir le film et pas pour que tu squattes mon siège et mon corps dès que les lumières s’éteignent !

J’ai donc décidé maintenant d’aller seule au ciné.

Ce dimanche, rangée 12, siège 13 ! J’ai compris pourquoi dans les avions, il n’y a pas de rangée qui porte le numéro 13. Pas plus aux Etats-Unis, n’y a-t-il de 13ème étage … (ceci était une parenthèse)

Je prends donc place, je m’installe bien au fond de mon siège et là une odeur comme « Chez Eugène à la bonne frite » me prend au nez, c’est le monsieur à ma gauche avec son fils.

Vu son état de fraicheur et la teneur de ses propos, Mr Frite est seul et déjà depuis un bail (tout autant la dernière fois qu’il a pris un bain).

Et voilà en plus qu’il est pris d’une quinte de toux toutes les 5 minutes, une toux bien grasse, celle qui vient de loin et il ne porte même pas la main à sa bouche !

Je n’étais déjà pas très en forme mais là c’est sur, je vais me choper une infection !

Le siège à ma droite est libre, je me déplacerais bien au numéro 12 mais aux 11 et 10, il y a des « Zamoureux » et ça se lèche et ça se ralèche. La jeune fille n’a plus besoin de prendre un bain.

A l’arrière, débarquement des jeunots, ils mangent comme des porcs, les corn flakes valsent partout (jusque dans mes pieds) et ils rotent à chaque gorgée de leur coca magnum.

Le film n’a pas encore commencé. Mr Frite semble être en manque de nicotine. Il sort son paquet de tabac, commence à trifouiller dedans et à le chiquer.

Les lumières s’éteignent mais pas les commentaires de la marmaille à l’arrière. Et là n’en pouvant plus, j’ai bondi de mon siège comme un polichinelle monté sur ressorts, je me suis retournée et j’ai poussé mon cri de guerre.
Effet surprise garanti, le silence se fit.

A la mi-séance, il ne restait plus qu’à endurer les ronflements et l’odeur de Mr Frite.

La seule nana du poulailler du dessus avait décidé de se défaire des relents de cuisine de Mr Frite et elle se déversa une giclée d’eau de Cologne.

A ma droite, se jouait le remake de « Gorges profondes », entrecoupé de petits cris, rahh ohhhhh

Ne me demandez pas si j’ai apprécié le film…


2 commentaires

  • Je me demande si on ne devrait pas créer des salles de cinéma spéciales couples…

    Pas seulement pour éviter, lorsqu’on est seul, les bruits pas discrets du tout des baisers et des soupirs des amoureux qui se lâchent dans l’obscurité (ceux là même qui auront l’air abruti et gêné à la sortie, se demandant si quelqu’un a pu les voir (oui, tout le monde vous as vus et entendus )).

    Ces salles éviteraient à ceux qui veulent se changer les idées après une rupture de replonger dans un supplice d’1h30. Eux non plus ne verront pas le film, ils ne ressentiront que l’absence et le désespoir et seront concentrés sur le concours de calins qui se joue sur les sièges avant. Ce qui, à moins d’être totalement masochiste, n’est pas vraiment le but de leur présence dans cette salle…

    Alors j’imagine le cinéma du futur:
    « en couple, salle 1″ (la plus sombre, celle avec des sièges confortables et le son mis au maximum) – « seuls et heureux, salle 2″ (couleurs vives, popcorn à volonté, David Guetta en fond musical à l’entracte) – « seuls et malheureux, salle 3″ (distribution de gros pots de glace au chocolat avec cuillers à soupe, fond musical inspiré des méditations tibétaines, huile essentielle de lavande)

    Chouette idée non ? ;-)

  • Je suis fan, mais il faudrait aussi un snack pour les rencontres entre les salles 2 et 3 avant de passer à la une! PTDR

    J’ai une fois pété un plomb dans un train entre Bruxelles et Namur.
    Un couple se roulait des pèles monstrueusement bruyantes (audibles dans un train bondé à plus de 20 m…)
    Je me suis levé et je les ai menacés de clôturer moi-même leur idylle, tellement ça frôlait l’indécence. Puis, je me suis retrouvé sur mon siège et ils continuaient bruyamment… Avais-je seulement quitté mon siège? J’étais en pleine déroute amoureuse :D

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