La blonde sort dans le beau monde

La blonde sort dans le beau monde

Décidée à me lancer à la découverte de ceux qui m’entourent, j’ai testé pour vous le soi-disant beau monde …

Quelques règles de base s’imposent :

- D’abord se déguiser en jeune femme BCBG (modestement parlant, ce ne fut pas trop compliqué)
- Ne pas parler à tort et à travers, écouter et observer
- Se la jouer, mi crédule, bouche entrouverte pour faire plus sensuelle (les hommes adorent ce regard de biche candide, ça leur fait croire que nous avalons littéralement leurs paroles et que bientôt nous leur mangerons dans la main !!!)
- Ne pas oublier de garder une certaine distance tout de même, par exemple, quand vous regardez la faune qui vous entoure, projeter votre regard au dessus des têtes et fixer un point dans le lointain (pas trop compliqué non plus, vu que je suis grande)
- Choisir un accompagnateur à la hauteur … Un jeu d’enfant, je n’ai rien demandé, il est tombé du ciel (Non, pas Saint-Nicolas, je parle de Charles-Edward).

Ensuite, il suffit de suivre C.E. (Charles-Edward) dans ses délires ou plutôt parmi ses pairs et c’est parti …

D’abord examen de passage chez un des amis de C.E. Cercle très fermé, sont tous célibats (euh moi je sais pourquoi). Je dégaine donc le sourire « pepsodent » de circonstance pendant les présentations.

Bonsoir Jean-Philippe (un pète cul pas possible), bonsoir Henry-Pierre (un nain de jardin, bègue, qu’est ce qu’il dit ?)

Tout le monde prend place autour d’une petite coupe de champagne Veuve Trucmuche, of course my dear.
Là, je peux au moins en placer une (mes cours d’œnologie et de dégustations de vin viennent bien à propos)
Une bouteille de champ’ pour 4, je ne risque pas le coma éthylique !

Par contre si quelqu’un pouvait retirer le sale puant cabot qui essaye de me sauter dessus, ça me ferait plaisir … surtout que le fauve essaye de s’agripper à mes dim up et il va me les filer !

J’en fais d’ailleurs la remarque à C.E. pour qu’il éloigne la bête. Tiens qu’est-ce qu’il a dans les cheveux C.E. ?

Ohhh une épine de sapin, je vais la retirer, purée elle colle dans les cheveux ! C.E. sursaute et me dit de ne surtout toucher à rien, il s’est laqué les cheveux.

Ensuite, tout ce joli monde se rend à la soirée où il faut être vu …
C.E. me précise qu’il connaît le pedigree de tous et toutes (le pedigree ? Continue comme ça à me bassiner les oreilles et je te mords avant la fin de la soirée).

C.E. m’explique : tu vois celle-là, elle est pleine aux as mais elle n’en a jamais assez … Cette autre là bas en blanc pffff une vraie p… (truut censuré) … Celui-là, il ne recherche que des exotiques … et blablabli et blablabla

Le décor est certes somptueux, l’envers du décor est nettement moins glorieux !

C.E. part à l’assaut de la piste de danse « Saturday night fever ».

Je laisse Travolta en costume 3 pièces et m’approche du bar pour me prendre une collation bien méritée.

Sur ma droite, se rapproche un monsieur (quelques heures de vol au compteur mais belle prestance).
Et v’lan, C.E. comme un coq, quitte la piste de danse et vient veiller au grain.

Il me saisit par le bras pour me faire remarquer que ma conduite est déplorable, se laisser aborder par un inconnu qui plus est, n’arrêtait pas de lorgner mon décolleté. Paf, moins 5 points de conduite.

Je vous passe les détails mais quand je suis arrivée au zéro de conduite à force de mauvaises fréquentations, j’ai demandé à C.E. de me ramener à la maison.

Je ne serai jamais une mondaine et franchement, je n’en ai rien à fichtre.
Diantre et palsambleu, quelle soirée parmi les manants et les cuistres !!!