Il était une fois un berger …

Il était une fois un berger …

En feuilletant mes archives de bons mots, j’ai retrouvé derrière les fagots, cette fable moderne.
Je ne peux résister à l’envie de vous la faire découvrir …

Il était une fois un berger qui faisait paître son troupeau au fin fond d’une campagne. Quand soudain, d’un nuage de poussière, surgit une rutilante Range Rover venant dans sa direction.

Le chauffeur, un jeune homme en complet Armani, chaussures Gucci, verres fumés Ray Ban et cravate Hermès, se penche par la fenêtre et demande au berger :
- « Si je peux vous dire exactement combien de moutons compte votre troupeau, m’en donnerez-vous un ? ».

Le berger regarde le jeune homme puis ensuite glisse un regard vers son troupeau broutant paisiblement et répond simplement :
- « Certainement ».

L’homme gare sa voiture, ouvre son ordinateur portable, le branche à son téléphone cellulaire, navigue sur Internet vers la page de la NASA, communique avec un système de navigation par satellite qui balaie la région, ouvre une base de données et quelques trente fichiers Excel aux formules complexes … Et finalement, il sort un rapport détaillé d’une dizaine de pages de son imprimante miniaturisée et s’adresse au berger en disant :
- « Vous avez exactement 1.584 moutons dans votre troupeau ».

- « C’est exact », dit le berger. Et il surenchérit :
- « Comme nous l’avions convenu, servez-vous, prenez-en un ».

Le berger regarde le jeune homme faire son choix et expédier sa prise à l’arrière de son véhicule, puis il ajoute :
- « Si je devine avec précision ce que vous faites comme métier, me rendrez-vous mon mouton ? ».

- « Pourquoi pas », répond le jeune homme avec un sourire dubitatif.

- « Vous êtes énarque et vous faites des audits », dit le berger.

Le jeune homme est épaté et tout intrigué, il demande au berger :
- « Vous avez parfaitement raison mais comment avez-vous deviné ? ».

Le berger négligemment réplique :
- « C’est facile. Vous débarquez ici alors que personne ne vous l’a demandé. Vous voulez être payé pour avoir répondu à une question dont je connais la réponse et, manifestement, vous ne connaissez rien à votre métier. Maintenant, rendez-moi mon chien ».

Et la morale de l’histoire : « c’est parce que la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son, que certains ont l’air brillant avant d’avoir l’air con ».